Atelier céramique
Du sable dans ma valise
Villeneuve en Retz

En décidant de prioriser l'écoresponsabilité dans ma pratique personnelle, c'est un véritable changement qui s'est opéré dans la réflexion de mon travail, dans ma relation avec la matière, avec mon métier.
Il y a tout un panel de matières disponibles pour les potiers ce qui rend les possibilités infinies... Bref, nous sommes vraiment privilégié.e.s d'avoir autant de matières premières possibles à notre disposition. Et je dois avouer que j'ai passé la majorité de ma carrière à ne pas trop me soucier de la provenance des matériaux et aller au plus simple en commandant à mon fournisseur mes ma terre, mon émail etc.
Bien que dans l'idéal, je ne désire par compromettre l'esthétique de mes céramiques, mes recherches prendront désormais un chemin différent, dans lequel je me contraindrai volontairement à utiliser des matières dont j'ai la certitude d'être plus en phase avec mes valeurs, pour ainsi rendre ma production plus écoresponsable. Comme pour bien des choses, l'écoresponsabilité, c'est une question de choix.
Pour moi, la contrainte n'est pas nécessairement négative, au contraire : éliminer des options ne fait que rendre le chemin à suivre plus intéressant intellectuellement et créatif.
Bien sûr, lors de mes cours nous utilisons des émaux stabilisés pour éviter tout problème sanitaire.
Ma pratique
privilégier les matières locales issues des marais, de la mer ou de mon jardin ...

L'Argile Sauvage
un jour, un ami a acheté un marais salant…
C’était un marais qui n’était plus exploité depuis des dizaines d'années. Il souhaitait y affiner des huitres et élever de petites crevettes. Pour cela il devait le curer, c’est-à-dire le vider, puis le creuser en mettant l’argile sur le côté. Une fois creusé, remettre l’argile au fond pour étanchéifier le bassin et remettre en eau. C'est à cette étape qu’il m’a proposé de venir récupérer de l’argile issue de son curage.
C’est là que mon histoire avec l’Argile Sauvage marine a commencé.

Mes glacures
J'utilise les matières premières que m'offre les marais, la mer et mon jardin.
Ici vous pouvez observer des émaux à à base de cendre de ma cheminée, d'argile sauvage et de Cravans.
Les Cravans ?
Ce sont les petits coquillages que vous trouvez sur les huitres, les rochers.

L'émail aux Coquillages
Pour utiliser les matières premières locales il faut beaucoup, beaucoup de patience.
Il faut les récolter, les trier, les rincer pour enlever le plus de sel possible.
Il faut ensuite les faire sécher, les tamiser puis les broyer en fine poudre